rencontres poézic
initiées par "La Plume à l'oreille"
2010 Denis Péan
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Bilan de la 3ème édition des Rencontres Poézic

avec le poète – chanteur : Denis PEAN

02 au 06 février 2010, Salon de Provence


Nombre d’élèves : 404

Denis Péan est venu à Salon de Provence du 2 au 6 février 2010. Il a rencontré les élèves de 11 classes du lycée Adam de Craponne et de 2 classes du collège de Mallemort. 404 élèves, au total, ont participé à ce projet. J’ai dû refuser les classes d’un collègue par manque de places. La semaine fut une grande réussite. La semaine pédagogique fut complétée, pour la 1ère fois cette année, d’une journée ouverte à tous, financée par l’association Salon Culture.

Rappel des objectifs du projet

Il s’agissait de rencontrer le poète musicien chanteur Denis Péan et de l’interviewer, notamment sur son métier d’écrivain.

En lien avec les instructions officielles pour la classe de français, l’on se proposait d’ouvrir la classe sur la création artistique contemporaine et d’étudier, en contexte, la poésie (1ère) ainsi que les objets d’étude : le travail de l’écrivain et écrire, lire, publier aujourd’hui pour la classe de 2nde.

Objectifs attendus du projet

Motiver la lecture des textes par la rencontre avec l’auteur.

Participer à la formation du citoyen en cultivant son ouverture d’esprit par la rencontre avec un poète voyageur.

Découvrir le travail de l’écriture, le chemin de la publication d’un recueil de poèmes, l’univers artistique du poète.

Comprendre les liens poésie – musique.

Travailler en lien avec un Café Musique au plan local et inviter les élèves à découvrir cette structure culturelle.

Rendre compte d’un évènement culturel.

S’exercer aux écrits et à l’oral de l’EAF (invention, commentaire).

Partie I : la semaine pédagogique

Pour se préparer à la rencontre…

Le professeur et l’auteur

Lors de la venue de l’auteur, en février 2008, nous avions travaillé, en collaboration et de façon approfondie, les interventions devant les élèves. Nous avions consacré ensemble un temps important à l’étude du recueil Musée la parole. Cela m’avait permis de préciser mes analyses, d’apporter aux élèves des précisions sur le recueil et de répondre enfin et définitivement à leur répétitive question : mais vous pensez vraiment que l’auteur a pensé à « tout ça » en écrivant son texte ?! L’auteur apporte lui-même des réponses aux questions des élèves et le texte prend ton son sens. Nous avons profité cette année encore de notre travail élaboré en 2008, en l’enrichissant.

Pour les séances pédagogiques, Denis Péan a abordé les thèmes proposés par les professeurs dont j’avais recueilli les vœux. Il s’est montré particulièrement soucieux de répondre à la demande des professeurs tout en conservant une grande spontanéité et parvenant ainsi à créer avec chaque groupe un moment unique.

Les élèves et l’auteur

Une ressource internet : « lojo.org »

La visite du site web de Péan et de son groupe Lo’jo était un support de travail idéal en amont de la rencontre : attrayant, documenté, de nombreux textes, photos retraçant l’histoire du groupe, des morceaux en écoute présentaient autant d’éléments accrocheurs et permettaient de cerner l’univers du poète. Les élèves se sont donc préparés à la rencontre avec sérieux et enthousiasme.

Le recueil de poèmes Musée la parole

Une classe a pu bénéficier du financement des livres par le lycée. Deux autres classes ont acheté l’ouvrage. Ces derniers ont pu financer leur livre grâce aux chèques Ciné-lecture de la Région PACA :

début de l’année, de collecter et d’envoyer ces formulaires. Ainsi chaque élève bénéficiait de son chéquier.

Nous avons feuilleté ensemble ce bel objet. Les questions, nombreuses, accompagnaient la découverte : les illustrations, les choix esthétiques, la mise en page, le sens, l’originalité des textes. Les élèves ont manipulé l’ouvrage comme une « chose » précieuse et rare, ils ont touché le papier gaufré, joué avec sa transparence, apprécié le format, échangé sur leurs découvertes : regardez le texte de remerciements ! Pourquoi le texte de 1ère de couverture est-il flou ? Mais il n’y a pas de numéros de pages ! C’est bizarre, Madame…

Puis nous avons goûté les textes comme des sucreries. Il fut chose aisée de susciter l’intérêt et la curiosité des élèves et de les placer en attente de rencontrer l’auteur.

Une exposition à la bibliothèque, support attractif pour les recherches des élèves

J’ai organisé, cette année, une exposition sur l’univers musical et littéraire de Péan à la bibliothèque de Salon de Provence. De plus, un photographe professionnel (correspondant à La Provence) a accepté d’exposer une vingtaine de clichés du groupe Lo’jo trio. Cette exposition a permis d’y envoyer les élèves faire des recherches en autonomie. Les élèves ont pu se rendre à la bibliothèque de leur ville, certains pour la première fois. Ils ont ainsi découvert deux structures culturelles majeures dans leur ville à l’occasion de ce projet. Les collègues enseignants ont pu préparer leurs élèves à la rencontre d’une manière différente et attrayante sans surcroit de travail pour eux. L’exposition a reçu un accueil très favorable de la part des salonais et permettait la lisibilité de l’événement auprès du grand public.

… Après la rencontre

Les élèves ont pu découvrir un homme ouvert sur le monde, particulièrement tolérant, humble et riche de ses voyages à travers le monde. Si tous n’ont pas été conquis par son univers, tous respectent profondément l’artiste parce qu’il a su les toucher par ses textes, sa musique, ses qualités humaines et sa capacité à écouter chacun ou encore la richesse de son univers. Les élèves ont parcouru son univers littéraire et musical. Tous peuvent en parler, ils ont compris les textes étudiés, ce qui est tout à fait précieux dans la perspective de l’épreuve orale de l’EAF.

Tous les élèves ont écouté les chansons du poète, les anecdotes de ses tournées à travers le monde, ils ont découvert différents instruments à l’histoire insolite : le carillon d’Europe de l’Est, l’harmonium d’Inde que le poète emmena jusque dans le désert. Ils ont écouté le chanteur au piano, à capella, à l’harmonium, au carillon, leur lire des textes d’autres qui lui sont chers. L’échange était largement interactif : des questions d’élèves, des récits d’anecdotes humaines, musicales, des tranches de vie d’un musicien voyageur. Ils ont pu poser librement leurs questions et ont toujours obtenu des réponses attentives. Denis Péan, sans s’offusquer d’aucune question, a répondu à tous, sans tabous et avec beaucoup de générosité. Parallèlement, les élèves, conquis par cet homme simple et mystérieux, se sont tous montrés particulièrement respectueux.

Ils ont également eu entre les mains le bazar savant de l’auteur, des disques, des livres originaux tant sur le plan de l’écriture que de la mise en page comme les fameux Mille milliards de poèmes de Raymond Queneau. Les élèves ont découvert des œuvres surréalistes, des textes d’auteurs des Caraïbes comme les poètes Aimé Césaire ou Edouard Glissant, ou encore des feuillets traduisant le goût de Péan pour les alphabets et typographies du monde…

De nombreux élèves ont fait dédicacer leur livre, chacun put y lire une courte phrase unique et personnelle. Nous nous sommes délectés de les relire et de les partager en classe.

L’attitude des élèves fut la même chaque jour : une attention magique, des regards vissés sur la scène, un silence avide. Nous n’avons pas eu une seule remarque à faire sur le comportement des élèves. L’attention de tous a été constante et l’attitude de chacun irréprochable.

Les productions écrites

En 2nde, ce projet s’est naturellement inséré dans la progression annuelle puisqu’il constituait le prolongement d’une séquence argumentation sur le thème de l’altérité (séquence qui s’achevait sur une séance d’initiation à la littérature africaine). Nous poursuivions donc avec les thèmes qui inspirent largement la poésie de Péan puis nous avons retrouvé l’écrivain dans une séquence consacrée aux objets d’étude « lire, écrire, publier aujourd’hui » (interview du poète sur ce thème) et « le travail de l’écriture » : là aussi nous avons interrogé le poète sur sa pratique du brouillon. Nous avons donc travaillé sur le chemin du livre jusqu’à la publication. En ce sens, l’expérience de Péan était particulièrement pertinente.

En écriture d’invention, les élèves ont rédigé une lettre dans laquelle ils rapportaient à un ami leur rencontre avec le poète et montraient la capacité de la poésie, aujourd’hui encore, à dire en images le monde qui nous entoure. Un tel travail, ancré dans une réalité, a trouvé un écho particulier auprès des élèves. Les travaux ont d’ailleurs été lus par l’auteur lui-même, ce qui était particulièrement motivant pour les élèves.

En 1ère, ce projet a trouvé un écho particulier dans la préparation à l’oral du bac. Les élèves ont pu présenter une lecture analytique du poème « Sur des carnets nus » dans le cadre d’un groupement de textes sur la poésie de voyage. Le recueil a été lu en lecture cursive et étudié comme tel durant une séance de deux heures en classe. La rencontre permet de rendre les élèves sensibles à une œuvre poétique contemporaine, un genre littéraire souvent perçu comme difficile pour eux. Ils ont eu pourtant une réelle assurance sur un texte dont ils connaissaient l’auteur et l’œuvre musicale et littéraire. Par écrit, en guise de bilan et de préparation à l’oral de l’EAF, ils ont répondu à la question suivante : « A l’oral, on vous interroge sur votre rencontre. En quoi celle-ci vous a-t-elle apporté sur le plan de la compréhension du texte. En quoi vous a-t-elle permis de mieux comprendre le genre poétique ? ». Il est indiscutable que les élèves ont ainsi le sentiment de bien maîtriser ce texte et l’œuvre. A l’entretien, ils ont donc des éléments précis à donner et cela est rassurant pour eux en les plaçant dans une dynamique de réussite. Deux élèves ont d’ailleurs eu 18/20 à l’oral du baccalauréat sur le texte « Des carnets nus » de Péan.

Sur le plan logistique

L’accueil de l’artiste

L’association La Plume à l’oreille s’est chargé de l’hébergement et du transport du poète.

Le planning de l’artiste

Sept séances programmées de deux heures chacune : 2 parties de 45 minutes (tour de chant et interview), pause de 15 minutes. Le planning était chargé mais l’intervenant s’est montré enthousiaste devant chaque rencontre et n’a négligé aucune séance.

La technique

L’équipe du Portail Coucou s’est montrée particulièrement disponible, accueillante et compétente : les réglages scéniques ont eu lieu le lundi après-midi puis un ingénieur du son et un ingénieur lumières ont travaillé à chacune des séances pédagogiques. La réussite des sept séances s’appuie également sur cet accompagnement technique de grande qualité. William Balbi était présent chaque fois pour accueillir les jeunes et leur présenter sa structure.

Le timing fut respecté par tous, ce qui nous permit d’enchaîner les séances de façon souple et détendue.

Le lycée

L’élaboration d’un planning détaillé et minuté a permis de libérer les classes de telle façon que les répercussions  sur le bon déroulement des cours soient minimes. Les horaires ont donc été, par tous, scrupuleusement respectés. Aucune difficulté de retards, ni en cours ni pour les rencontres.

Partie II : une exposition et une journée festive ouverte à tous, le samedi 6 février 2010

Grâce au soutien de l’association Salon Culture, nous avons pu proposer au public salonais une journée festive de qualité autour du poète chanteur Denis Péan :

Une exposition dans toute la bibliothèque (hall haut et bas, espace jeunesse) sur l’univers du poète a été proposée du 26 janvier au 6 février 2010

Programme du samedi 6 février :

- 10H : accueil du public pour un petit café sous la khaïma (une tente africaine dans la bibliothèque) au cœur de l’univers du poète, devant des projections vidéo. Histoires pour les petits (3-6 ans), illustrations vidéo projetées (une quinzaine d’enfants présents ainsi que leurs parents).

- 14H : projections et atelier d’écriture (douze participants) à la façon façon de Péan. Les travaux ont été lus par leurs auteurs devant Denis Péan (qui a refait un poème à partir de phrases écrites par les participants) puis exposés dans le hall de la salle du Portail Coucou pour le concert du soir. Les productions étaient de grande qualité.

- 15H30 : mini concert acoustique à la bibliothèque : les deux sœurs Nadia et Yamina ont rejoint Denis Péan.

- 21H : concert du trio Lo’jo au Portail Coucou

Le bilan de cette journée est particulièrement positif, le public a participé avec enthousiasme. Nous n’avons rencontré aucun souci particulier du point de vue de l’organisation puis du déroulement de toute la semaine et avons pu proposer une journée culturelle riche. Celle-ci était d’autant plus intéressante qu’elle permettait de faire le lien entre les scolaires et les salonais, ce qui rend lisible les activités des élèves par la population et permet d’ancrer le travail scolaire dans une réalité citoyenne et culturelle.

Partie III : de nombreux partenariats

Un partenariat inter associations

- association La Plume à l’oreille pour la prise en charge, l’hébergement et l’accueil de l’artiste puis du groupe, leur transport, l’organisation de l’exposition (collecte, fabrication d’objets, installation), la communication de l’événement, la préparation de l’atelier d’écriture et des histoires pour les enfants.

- association Vents du Sud pour le prêt et l’installation de la khaïma

- association Salon Culture pour l’organisation et le financement de la journée du samedi 6 février

Un partenariat avec une structure culturelle locale, le Portail Coucou

Il s’agissait, dans le cadre de ce partenariat, de travailler en lien avec une structure culturelle au plan local. Cette semaine nous a permis de renouveler et de renforcer notre collaboration pour la troisième année consécutive. Il est bien sûr évident que nous ne comptons pas en rester là.

Un partenariat avec la bibliothèque municipale

L’exposition fut installée grâce à l’aide du personnel de la bibliothèque. Le projet a été reçu avec beaucoup d’entrain et d’efficacité. Certains ouvrages et disques ont de plus été mis à disposition pour l’exposition en plus de la collection privée. Les histoires pour les enfants ont été sélectionnées en concertation et présentées à deux : ce fut pour moi l’occasion de travailler avec une bibliothécaire de la section jeunesse.

Le travail a été réellement facilité par une équipe très accueillante, efficace et particulièrement soucieuse d’ouvrir son lieu à ce type de projet. Nous avons même été autorisés, exceptionnellement, à proposer au public, dans l’enceinte même de la bibliothèque, un mini concert.

Un partenariat avec un photographe professionnel

Parallèlement à la préparation de l’exposition, j’ai proposé à un photographe repéré pour avoir photographié le trio Lo’jo, d’exposer ses clichés. Ce qu’il a accepté volontiers et avec beaucoup de générosité.

Un partenariat avec une librairie salonaise

J’ai confié à la librairie Le Grenier d’abondance le soin de vendre le recueil de poèmes Musée la parole, de Denis Péan aux élèves. Là encore, l’objectif est bien de les inciter à se rendre dans des librairies de façon autonome.

En guise de conclusion…

Le projet, pour sa troisième édition, a pris une réelle ampleur et le bilan est, cette année encore, largement positif.

Il s’est enrichi d’une journée ouverte à tous : exposition durant 15 jours, atelier d’écriture tout public (12 adultes y ont participé), d’un temps consacré aux enfants de 3 à 6 ans, d’un mini concert à la bibliothèque (avec le trio Lo’jo) puis d’un concert le samedi soir au Portail Coucou (plus d’une centaine d’entrées payantes).

Devant la réussite de l’opération, l’on ne peut que souhaiter la poursuite des rencontres Poézic dans le cadre d’une quatrième édition en 2011. Cependant, ma charge de travail s’étant parallèlement considérablement alourdie, il me faudrait pouvoir la partager davantage.

Remerciements

Je tiens à remercier tout particulièrement le Portail Coucou, Sylvana et William Balbi, l’association Salon Culture, Lila Fromont et Jean Claude Fabre, la Région PACA et M. Antonini, le lycée Adam de Craponne et M. Seguin, le FSE et M. Bonifacino pour leur soutien et la confiance qu’ils m’ont accordés.

Merci aussi à L’association La Plume à l’oreille et Stéphane Coutable, le personnel de la Bibliothèque Municipale et M. Platero, la librairie Le Grenier d’abondance.

Pour l’exposition : Claude Cachot au décor, le photographe Patrick Denis, Laurent Provots et Stéphane Coutable à la direction artistique (!) et le personnel de la bibliothèque.

Merci encore aux professeurs, aux élèves, aux enfants pour les histoires, aux participants à l’atelier d’écriture et à tous les curieux qui ont rencontré le travail de Denis Péan.

Le plus grand des merci bien sûr à Denis Péan…

Et à ma famille.

à Salon de Provence, le 15 juillet 2010

Sandra Nouet

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